A-proche-toi Jura

7 juin 2016:« Bizarre, vous avez dit bizarre ? » Quelles places pour la différence dans la société

. Zoom sur « . » (touche ESC pour fermer)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Clinique Le Noirmont a accueilli, dans ses très beaux locaux, 24 participants et 7 accompagnateurs pour la première édition du Triangle aux Franches-Montagnes.

Le psychiatre Guillaume Perret et l’infirmière en psychiatrie Laure Paratte ont présenté les prestations offertes par la Clinique Le Noirmont dans l’unité psychosomatique.

Une trentaine de personnes, 8 patients, 10 proches et 6 professionnels répartis en 3 groupes ont eu le loisir de s’exprimer durant une heure. Voici, sur la base des notes prises par les rapporteurs, (une transcription bien incomplète de nos échanges riches et variés !).

 

Groupe salle Eos

  • Le diagnostic pour certains est important, pour d’autres, il ne l’est pas.Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la maladie psychique. C’est dur, il faut lutter. On peut en éprouver de la honte et avoir une mauvaise image de soi.
  • La peur de la différence fait que je n’arrive pas à accepter. La compréhension m’aide à dépasser ma peur.
  • En conclusion : Nous sommes tous vivants, nous ne sommes pas des robots, ni des esclaves.

 

Groupe salle Demeter

  • La différence est essentielle.  Nous sommes tous uniques, donc par définition différent.
  • C’est de cette différence que naissent les échanges. La différence fait progresser. Elle nous remet toujours en question car les différences nous demandent un effort d’adaptation.
  • Accepter la différence, c’est être tolérant. On se sent différent qu’on on ne travaille pas, n’a pas d’enfant. Les gens nous font souvent ressentir qu’on est différent. C’est dur, surtout quand on n’est pas bien.
  • La différence se marque souvent par une très grande sensibilité des personnes malades, un 6ème sens.
  • Etre attentifs aux gens qui souffrent de leur différence leur fait beaucoup de bien ; la différence causée par la maladie psychique souvent ne se voit pas et est donc moins bien comprise.
  • Les proches deviennent eux-mêmes différents de ce qu’ils étaient avant la maladie d’un des leurs ; ils se transforment (non sans effort) en apprenant à vivre avec la personne malade psychique. Ils s’enrichissent.
  • Ne pas accepter la différence peut mener à l’exclusion.
  • On n’est pas responsable de la différence due à un problème de santé, il faut déculpabiliser. Une foi apprivoisée, ces différences peuvent devenir un potentiel, une force, quelque chose de positif. On peut être content et fier d’être différent.
  • La différence est une richesse ; elle fait beaucoup apprendre.
  • Le professionnel apprend à voir ce qui va, s’appuie sur les compétences du malade pour lui apporter son aide.

 

Groupe salle Roc-Montès

  • Bizarre, vous avez dit bizarre….
  • Quand on ne comprend pas l’autre, quand il s’écarte de la norme, on le trouve bizarre, la différence interpelle. On se moque, on a peur, la société en a une image négative.
  • Comment se marque la différence : Pas de travail productif, comportements surprenants, rythme de vie différent (lenteur, repos, sommeil).
  • Chacun est différent, chacun a des compétences : mettre en valeur les ressources du patients, rechercher son épanouissement, reconnaître ses richesses.
  • Outils : adapter le contexte à la personne, admettre que quelqu’un a besoin de plus de temps. Mais la société a-t-elle le temps ?
  • Pour la famille, l’acceptation de la différence se fait par étape. Le changement du proche peut être brusque, il devient bizarre.
  • Incompréhension, humiliation, désarroi, refus de la différence, essai de correction pour revenir à la normale
  • Quand on se rend compte que cette stratégie n’a pas de résultat, s’adapter pour trouver une solution par l’écoute, par les renseignements, par l’acquisition de connaissances sur la pathologie, par le lâcher-prise qui permet d’accepter la différence, pour accompagner au mieux la personne malade dans son processus de rétablissement
  • Un patient reconnaît que la souffrance est très grande aussi pour les familles quand rien ne va ; elle s’atténue avec le retour à la stabilité, le soutien des personnes qui ont traversé les mêmes difficultés. Il souligne l’amour de sa mère qui est encore devenu plus fort dans la lutte contre la maladie.

 

► Synthèse:

  • La différence nous incite à nous adapter, à apprendre, à être humbles par rapport à ce qu’on ne comprend pas. Accepter la différence nécessite beaucoup de temps, d’efforts renouvellés et de larmes.

 

  • Un éloignement plus ou moins grand par rapport à la norme pose un problème d’acceptation à la société. Dans certain cas, la société admire les gens hors normes, tels nombre de créateurs de génie différents qui sont reconnus et appréciés (génie-folie).  Les capacités artistiques, la créativité sont souvent des ressources pour les personnes atteintes de maladie psychique.

 

  • Prendre du temps pour soi, prendre du temps pour appréhender la différence, la considérer comme une force, une richesse et non comme un frein.

 

Luis et Nicolet  présentent les activités bimensuelles de l’AJAAP qui débutent le 19 août 2016 tantôt à Delémont, tantôt à Porrentruy, lundi ou vendredi.

Présence d’une journaliste du Quotidien Jurassien, Marie Nicolet, qui rend compte de l’état d’esprit d’un Triangle dans l’édition de jeudi 9 juin 2016.

 

 Le prochain Triangle est fixé au mardi 22 novembre 2016 dans un lieu qui reste à définir.

 

Les échos des médias

Arc Hebdo (02.06.2016)  Le quatriéme triangle aux Franches montagnes

RFJ, Format A3 (o6.o6.2016): Une rencontre pour mieux se (re)connaître