A-proche-toi Jura

8 juin 2017:: "Comment avaler la pilule?" Les enjeux de la médication

. Zoom sur « . » (touche ESC pour fermer)

.

 

La 6ème édition du Triangle a rassemblé 25 personnes réparties en 3 groupes qui ont décliné le thème des traitements médicamenteux.Un grand Merci à Pinos pour son chaleureux accueil et la collation qui a permis de clôturer bien agréablement cette soirée.

Voici, sur la base des notes prises par les rapporteurs, une transcription bien incomplète des échanges ressortant des différentes discussions :

1er Groupe

  • Pourquoi prendre un médicament ? « Si je ne prends pas le médicament, je décompense »
  • La médication, ce n’est pas une science exacte, chaque cas est différent ; parfois, le médicament n’a pas d’effet, alors pourquoi le prendre ? Dans d’autre cas, il amène beaucoup d’effets secondaires. Ici aussi, pourquoi le prendre ? Le chemin est long, les changements nombreux avant de trouver le traitement qui convient.
  • Content de changer de médicament qui avait trop d’effets secondaires
  • C’est également un long chemin pour accepter la médication
  •  La communication doit aller dans les deux sens ; explication des effets du traitement de la part du professionnel, et de la part du patient, par exemple, « je dis que je ne prends que la moitié de la dose prescrite ».
  • Le semainier est un outil bien utile pour ne pas oublier et qui permet d’être responsable de son traitement.

 

2ème groupe

  • Le médicament est une béquille pour avancer; mais il ne faut pas compter que sur lui pour aller de l’avant.
  • Le malade demande d’être pris au sérieux, d’être entendu, écouté par les professionnels et les proches ; le relationnel est primordial tout comme le soutien apporté par les familles
  • Le médecin doit prendre le temps d’écouter.
  • Une alliance, la confiance aide à accepter une médication
  • Avec les nouveaux médecins, on constate une amélioration des relations
  • Pourquoi prendre une médication ? « J’ai continué à prendre le médicament, car il diminuait mon angoisse».

3ème groupe

  • Besoin de relation de confiance, négociation, partenariat. Les professionnels travaillant en institution observent et questionnent à propos des effets positifs et négatifs du traitement ; ils font part de leurs remarques lors des colloques.
  • Refus de prendre la médication, car elle était imposée ; le traitement ne résultait pas d’une négociation. Refus du dictat du pouvoir médical.
  • Après de longues années de chaos, la personne a accepté de prendre une médication, car la personne a pris la décision de se soigner ;
  • Un environnement, un lieu de vie dans lequel on prend le temps d’écouter la personne malade, où on noue des amitiés, qui offre des conditions cadres pour pourvoir créer (musique, dessin) contribue, en parallèle à une médication, à aller mieux. Une stabilité de vie aide à voir les côtés positifs de la médication. Un milieu bienveillant, une personne en qui on a confiance, aide à accepter la médication.
  • Difficile d’accepter des médicaments qui donnent des effets secondaires (prise de poids, mouvements ralentis, impuissance, bave, fatigue et endormissements soudains, électricité dans les jambes, apnée du sommeil, arrêts cardiaques, perte des émotions, production de lait, etc…). Surenchère des médicaments pour lutter contre les effets secondaires des premiers. Rechercher le traitement qui génère davantage d’effets positifs que négatifs.
  • Un traitement se négocie d’égal à égal ; souven c’est le médecin qui impose le traitement du fait de son pouvoir médical. L’infirmier ou l’éducateur applique les décisions du médecin. Ils ne peuvent que faire part de leurs observations pour influencer un changement de dosage par exemple.
  • Tant que la personne ne devient pas acteur, partie prenante de son rétablissement, elle a des difficultés à accepter sa médication.

Synthèse

Hasnia relève le défi de faire une synthèse des discussions de la soirée

  • Sans confiance, sans alliance, sans négociation, la médication a peu de chance de réussir. Le malade demande d’être pris au sérieux, d’être écouté, de pouvoir négocier avec le professionnel et de donner son avis.
  • Le pouvoir médical peut imposer un traitement, par exemple prescrire une médication importante pour que les personnes soient plus tranquilles, plus stables. Il est indispensable que les professionnels expliquent quels sont les effets de la médication
  • Impuissance du proche ; comment aider, comment faire rejoindre un patient récalcitrant un système de soin pour qu’il puisse suivre un traitement et commencer son rétablissement ?

MERCI À TOUTES ET À TOUS POUR VOTRE PRÉSENCE, VOTRE ÉCOUTE ET VOTRE PARTICIPATION