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L'expérience des associations

Modélisation de l'action sociale en santé mentale propre aux organisations de la Coraasp

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La Coraasp (Coordination romande des associations de l'action en santé psychique) est constitué de différentes associations d'action sociale du domaine de la santé mentale très différentes dans la forme et dans actions, mais avec le même but  d'autonomie et rétablissement des personnes souffrant de trouble psychique. Dans un étude de l' Ecole d'Etudes Sociales et Pédagogiques (EESP) de Lausanne on définit les différences et les points communs qui permettent la "coexistence et l'union sous la même bannière".

Un film a été effectué et on peu  voir le lencement en cliquant ici

Extrait du rapport de l'EESP:"

"Fondée en 1999 par quelques associations pionnières de l’entraide et de l’aide réciproque dans le domaine de la santé mentale, la CORAASP rassemble actuellement plus de vingt organisations. Consciente de la diversité de ses membres, de l’évolution du contexte socio- économique et des structures d’aide et de soins, elle s’est proposée de redéfinir la spécificité de l’action sociale des collectifs qu’elle fédère dans le domaine de la santé mentale en Suisse romande. Une première démarche interne visant à clarifier le rôle des professionnel-le-s a permis de réunir, dans un forum organisé en mai 2012 à Ouchy, les points de vue des diverses catégories d’acteurs impliqués dans les projets sur le terrain. Les résultats de ce sondage et les contenus des échanges du forum d’Ouchy ont constitué un premier matériel de réflexion. Dans la continuité de ce processus, la CORAASP a sollicité l’EESP pour l’accompagner dans une modélisation de son action"

Résumé du rapport:

"Ce projet de recherche-action avait pour objectif d’accompagner la CORAASP dans un processus visant à modéliser les spécificités de l’action sociale de ses membres dans le domaine de la santé mentale. Il s’intéressait également à identifier la contribution du andant dans le modèle actuel du rétablissement. Un souci tout particulier a porté sur la dimension collective et collaborative de la démarche. Le dispositif de recherche a en effet été pensé avec les acteurs du terrain dans le but d’une co-construction du design de recherche, d’une co-récolte des données et dans une certaine mesure d’une co-analyse de celles-ci. Une réalisatrice professionnelle a été engagée par le mandant pour produire un film documentaire dont le sujet traite autant de la méthodologie de ce processus de co-création de connaissances entre des acteurs de terrain et une équipe de chercheur-e-s que des ésultats de la recherche elle-même. Les différentes étapes de l’ensemble de la démarche se sont déroulées sur une période d’environ une année et demie, entre fin 2013 et juin 2015.
Trois groupes d’acteur-e-s, regroupés selon une catégorisation proposée par le mandant, soit des personnes souffrant de troubles psychiques, des proches et des professionnel-le-s de l’intervention psychosociale, ont été questionné-e-s sur les motivations personnelles de leur engagement associatif et sur les actions menées par leurs organisations. Il leur a également été demandé de s’exprimer sur l’utilité de leurs organisations et sur certains aspects des fonctionnements de celles-ci, en particulier en ce qui concerne l’accueil, la communication et les processus de prise de décision. Leurs discours sur les valeurs, les représentations et les pratiques, formulés dans le cadre de six focus-groups différents, constituent l’essentiel des données récoltées. La lecture de divers documents transmis par le mandant ainsi que des explications orales complémentaires, fournies par la directrice, complètent le matériau empirique. Les résultats reposent sur la récurrence de certains éléments de réflexion et sur leur valorisation par les acteurs de terrain, dans le cadre des entretiens collectifs et des publications de la CORAASP, et non pas sur des observations ou des faits constatés par l’équipe de chercheur-e-s dans la réalité quotidienne des diverses organisations.
Dans la partie « analyse et commentaires », quelques thèmes proéminents ont été retenus et mis en dialogue avec des éléments issus d’études plus théoriques. Ainsi, par exemple, le concept de dispositif, en particulier dans son acception philosophique, amplifie le choix stratégique des organisations de la CORAASP de se rassembler autour d’un modèle de terrain commun tout en faisant co-exister au sein de cette appartenance une diversité d’organisations en termes de tailles, de populations, de structures et d’activités. La concordance et l’hétérogénéité de ce réseau de collectifs, à la fois semblables et différents, constituent également une pierre angulaire du rétablissement, dont les parcours singuliers nécessitent une vision partagée de la santé mentale et des itinéraires souples et adaptés à chaque personne. Des valeurs partagées et explicites constituent une base commune entre les membres. L’entraide, la solidarité, l’esprit d’ouverture et le non-jugement apparaissent comme les moteurs de mouvements créatifs inspirés d’une vision de la santé mentale plus proche de la salutogenèse que de la psychopathologie.
La volonté d’aplanir et/ou d’atténuer les rapports de pouvoir entre les différents groupes d’acteurs a été saillante et invoquée tout au long de la recherche. Elle figure de ce fait  comme l’élément central d’une représentation visuelle d’un dispositif, dont la modélisation met en lumière l’importance des échanges de savoirs, le capital social qui en résulte et que la faîtière investit dans des projets de société. Les tensions entre des rôles et des intérêts potentiellement divergeants y sont régulées par des principes et des procédures démocratiques. Ceux-ci sont particulièrement valorisés dans la mesure où ils sont considérés comme des outils du processus de rétablissement pour l’ensemble des acteurs.
En tant que faîtière, la CORAASP est perçue et voulue comme une plateforme interreliant au niveau romand ses trois différents groupes d’acteurs, mais aussi l’ensemble des autres parties prenantes sur les questions psychosociales (les institutions/services de santé/sociaux). Elle est pensée par ses acteurs comme « porte-parole des personnes concernées (et proches) », comme « défenseur des droits des personnes concernées (et proches) » et comme  «incubateur et moteur d’idées nouvelles ». (fin citation)
 
► Pour lire l'intégralité du rapport,cliquer ici
 
► deux articlesdu journal: "Diagonales" concernant la Coraasp 1. et 2.